As-tu vraiment vécu un trauma ?
- Julie Roussy
- 26 sept. 2024
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 oct. 2024

As-tu vraiment vécu un trauma ?
Il est tout à fait normal de te poser la question : "Est-ce que ce que j'ai vécu est vraiment un trauma ?" Peut-être que tu as déjà entendu des phrases comme : "C’est dans ta tête", "Avec le temps, tu iras mieux", ou "Au moins, tout s’est bien terminé." Ces mots, bien que dits avec bienveillance, peuvent parfois laisser planer un doute sur la validité de ton ressenti.
Mais ton vécu est unique. Ce que tu as ressenti, que ce soit pendant un accouchement ou une autre expérience marquante, compte.
Aujourd'hui, j’aimerais t'accompagner dans cette réflexion, pour t’aider à mieux comprendre ce qu'est un trauma et à reconnaître certains signes qui pourraient indiquer que tu en as peut-être vécu un.
Qu’est-ce qu’un trauma ?
Le trauma ne se définit pas seulement par l'intensité de l'événement en lui-même, mais par la manière dont ton corps et ton esprit ont réagi face à cet événement. Ce qui est traumatique pour une personne ne l’est pas forcément pour une autre, car le trauma dépend de la façon dont notre système nerveux traite ce que nous avons vécu.
Un trauma peut survenir lorsque tu te sens submergée ou impuissante face à une situation. Cela peut être un événement soudain et effrayant, comme une complication pendant un accouchement, ou quelque chose de plus subtil, comme le sentiment d’être incomprise ou non soutenue. Le trauma survient souvent lorsque l’on ne se sent pas en sécurité, physiquement ou émotionnellement, et que notre système nerveux se retrouve en état d’alerte prolongé.
Les signes que tu as peut-être vécu un trauma
Si tu te demandes si tu as vraiment vécu un trauma, il est important de prendre le temps de t’écouter et de reconnaître certains signes dans ton corps, ton esprit et tes émotions. Voici quelques indicateurs qui peuvent t'aider à comprendre si ce que tu as traversé a laissé une empreinte profonde sur toi.
1. Des émotions intenses et persistantes
Après un trauma, il est courant de ressentir des émotions très fortes, même longtemps après l’événement. Par exemple, tu peux te sentir profondément triste ou en colère lorsque tu repenses à l’accouchement ou à des détails de celui-ci. Ce qui semblait être un simple souvenir peut réveiller des vagues d’émotions que tu n’avais pas anticipées.
Exemple : Chaque fois que tu entends une conversation sur la naissance, tu sens monter une boule dans ta gorge et une tristesse inexplicable t’envahit. Tu te demandes pourquoi tu ressens cela, alors que tu pensais avoir "tourné la page".
Ce genre de réaction émotionnelle est un signe que ton corps et ton esprit n’ont pas encore totalement libéré de ce que tu as vécu, même si cela peut paraître lointain.
2. Un sentiment de déconnexion
Une autre conséquence du trauma est de te sentir déconnectée – non seulement de ton corps, mais aussi de tes émotions ou des gens autour de toi. Tu peux te sentir comme si tu étais spectatrice de ta propre vie, sans vraiment y être impliquée.
Exemple : Tu peux être avec ton bébé, physiquement présente, mais te sentir émotionnellement distante, comme si tu avais du mal à être pleinement dans le moment. Parfois, tu peux même ressentir une sensation de détachement lorsque tu es avec des proches, comme si une partie de toi était ailleurs.
Cette déconnexion est souvent une réaction de protection de ton système nerveux. C'est sa manière de te protéger de la douleur émotionnelle.
3. Des flashbacks ou des souvenirs intrusifs
Les flashbacks ou souvenirs intrusifs sont fréquents après un trauma. Il s'agit de moments où tu revis certains aspects de l'événement de manière très vive, comme si tu y étais encore. Ces souvenirs peuvent surgir à tout moment, souvent déclenchés par des sons, des odeurs, ou des images qui te ramènent à l’événement.
Exemple : Une simple visite à l’hôpital ou même entendre le cri d’un bébé peut suffire à te replonger dans ton accouchement. Tu ressens à nouveau cette peur, ce sentiment de perte de contrôle, et ton corps réagit comme s'il était encore dans cette situation.
Ces flashbacks sont des signaux que ton esprit et ton corps n'ont pas encore totalement digéré l'expérience, et que l'émotion liée à cet événement reste active en toi.
4. Des réactions physiques face à des situations stressantes
Le corps garde la mémoire du trauma, et cette mémoire peut se manifester par des réactions physiques lorsque tu fais face à des situations stressantes ou similaires à ce que tu as vécu. Ces réactions peuvent inclure des palpitations cardiaques, des tensions musculaires, des nausées, ou une respiration courte.
Exemple : Tu peux remarquer que, lorsque tu penses à ton accouchement ou à des moments difficiles associés, ton cœur commence à battre plus vite, tu as du mal à respirer profondément, ou tu ressens une tension dans tes épaules et ton dos.
Ces réactions sont des indices que ton corps est encore en état d’alerte et que ton système nerveux n’a pas encore retrouvé son équilibre.
5. Difficulté à se projeter dans l’avenir
Le trauma peut aussi t’empêcher de te projeter avec confiance vers l’avenir. Si ton accouchement a été difficile, par exemple, l’idée même de revivre une grossesse ou un accouchement peut provoquer de l’anxiété ou une inquiétude constante.
Exemple : Même si tu envisages d'avoir un autre enfant, tu te surprends à ressentir une peur profonde à l'idée d'accoucher à nouveau. Tu te dis : "Et si cela se passait encore mal ? Est-ce que je pourrais supporter de revivre ça ?"
Ce genre de pensée, bien qu’elle soit compréhensible, montre que ton esprit est encore prisonnier de la douleur passée et que tu n’as pas encore totalement retrouvé ta sérénité face à l’avenir.
6. Évitement ou peur de certaines situations
Si tu évites consciemment ou inconsciemment certains endroits, certaines personnes ou situations qui te rappellent ton expérience, cela peut être un signe de trauma. L’évitement est une manière de fuir la douleur émotionnelle ou physique que tu associes à l’événement.
Exemple : Tu évites de parler de ton accouchement avec tes proches ou de regarder des émissions qui abordent le sujet de la naissance, car cela fait remonter des émotions que tu n’es pas prête à affronter. Ou peut-être que tu évites même de retourner à l’hôpital ou de consulter un professionnel de santé, par peur de revivre ces souvenirs douloureux.
L’évitement est une manière pour ton esprit de se protéger, mais cela peut aussi être un signe que la guérison n’a pas encore eu lieu.
7. Fatigue émotionnelle ou mentale
Le fait de vivre avec un trauma peut te laisser épuisée, même lorsque tu essaies de te reposer. Cette fatigue est souvent le résultat d’un système nerveux qui reste constamment en état d'alerte, te maintenant dans une tension continue.
Exemple : Même après une bonne nuit de sommeil, tu te réveilles toujours fatiguée, comme si tu n'avais jamais vraiment réussi à te détendre. Les tâches quotidiennes te semblent lourdes, et tu n’as plus l’énergie pour faire des choses que tu aimais autrefois.
Cette fatigue est le reflet du fardeau émotionnel que ton corps continue de porter, et elle peut être un signal fort que ton système nerveux est toujours en train de gérer les séquelles du trauma.
Reconnaître ce que tu as vécu est un acte de douceur envers toi-même
Si tu te reconnais dans certains de ces signes, sache que ton ressenti est légitime. Le trauma n’est pas uniquement déterminé par l’ampleur de l’événement, mais par la façon dont il a affecté ton bien-être et ton équilibre intérieur.
Il est normal de te poser des questions, et il est tout à fait possible que ce que tu as vécu soit un trauma, même si cela te paraît "moins grave" en comparaison avec d’autres situations.
Le trauma est dans les yeux de celle qui l’a vécu, et il n’y a pas de hiérarchie dans la douleur. Chaque expérience mérite d’être écoutée et reconnue.
Ce que tu peux faire pour commencer à te libérer
Prendre conscience de ce que tu as vécu est déjà un premier pas vers la guérison. Partager ton histoire, dans un espace bienveillant et sécurisé, avec une personne qui peut réellement t’entendre, est une façon de libérer ces émotions et de commencer à t’alléger. Raconter ce que tu as traversé, même si c’est difficile, permet à tes émotions de s’exprimer, au lieu de rester enfermées en toi.
Ton histoire mérite d’être entendue
Si tu te sens perdue ou incertaine, sache que tu n’es pas seule. Il est possible de commencer la libération du trauma, un pas à la fois, en prenant le temps de reconnaître ce que tu as vécu et en t'offrant la possibilité d’en parler, sans jugement. Ton ressenti est important, et tu mérites de retrouver la paix en toi.
Je suis là pour t'accompagner sur ce chemin, avec douceur et bienveillance.



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